Homophobies et transphobies dans la ville : resultats

Au cour s d’une année de recherche sur les LGBTI-phobies dans la ville, recherche financée par la mairie de Bordeaux et accompagnée par l’ensemble des associations LGBT de la ville, nous avons, avec Johanna Dagorn et Chas Charasse, récolté plus de 1640 réponses !

 

Quelques extraits dans la presse :

France Bleue 

20minutes

NeonMag

Le Huffington

Europe1

 

 

1° LE RESSENTI DANS L’ESPACE PUBLIC

Nous avons demandé aux répondant.e.s de « noter » l’ambiance urbaine, de 1 à 10, voici les réponses moyennes, réparties par sexe, puis avec un focus sur les victimes de discriminations Pour mémoire, dans nos enquêtes « femmes et déplacements » la moyenne des notes, pour Bordeaux, était de 6/10 (ce qui permet de comparer les effets « sexe » et « sexualité » dans ces notations).

Sur une échelle de 1 à 10, comment vous sentez vous en ville ? (par sexe des répondant.e.s)*

  Hommes

(513)

Autres genre

(67)

Femmes

(407)

 

Moyenne 6.8 5.8 6,0

* Tous les répondant.e.s « hommes » ou « femmes » ne sont pas « gays » ou « lesbiennes ».

Des personnes trans ou intersexes peuvent s’identifier aux catégories d’hommes et de femmes.

 

2° LES FAITS RELEVES

Qu’ont vécues les personnes ayant répondu à notre enquête ? Pour 83% d’entre elles, un évènement LGBTI-phobe s’est déroulé au cours des 12 derniers mois !

Au cours des 12 derniers mois, avez-vous subi, toutes réponses confondues (1.628 réponses)

Des regards insistants et menaçants 30%
Des commentaires non désirés, des injures… 29%
Une présence inquiétante 12%
Des menaces physiques 04%
Des agressions, des coups… 04%
De l’exhibitionnisme 03%
Des viols ou tentatives de viols 01%
Je n’ai rien subi 17%

Quelques éléments :

1- Majoritairement, ces évènements n’arrivent qu’une ou deux fois dans l’année pour les victimes de gay et lesbophobies mais toutes deux notent à 1/3 qu’elles subissent ces agressions et interpellations parfois entre 3 et 5 fois au cours des 12 derniers mois.

2- Du côté de la lesbophobie, l’accumulation sexisme + homophobie fait nettement augmenter la fréquence des évènements.

3- C’est encore une fois les personnes trans, queer, non-binaires ou intersexes qui témoignent de la fréquence la plus élevée : 17% d’entre elles subissent ces agressions plus de 10 fois dans l’année !

 

3° LE ROLE DES TEMOINS

Si durant l’évènement ou les évènements subis des témoins étaient présents : quelles réaction ont-ils / elles eu ?

  Victimes de Gayphobie (308) Victimes de Transphobie (80) Victimes de Lesbophobie (199)
Ils n’ont rien fait 75% 53% 72%
Ils sont intervenus verbalement pour m’aider 12% 6% 13%
Ils ont participé à l’évènement (rires etc…) 11% 38% 11%
Ils m’ont porté assistance physique 2% 3% 4%

 

Comparativement à nos enquêtes sur les « femmes et leurs déplacements » (2015) où 87 % des témoins ne faisaient rien et 7% participaient (en moyenne sur les villes étudiées), nous avons ici beaucoup moins de témoins inactifs. Mais ce n’est pas forcément pour « aider » la victime : au contraire ! Entre 11% et 38% des témoins, selon les victimes, ont participé à l’agression, c’est-à-dire sont passés du statut de témoin à celui d’auteur. Quant aux témoins qui sont intervenus, ils sont plus nombreux à l’avoir fait lorsque les victimes étaient des femmes que pour des hommes ou des personnes qui s’identifient comme « trans », « queer » etc. C’est dire combien la transphobie ne réveille pas d’intervention des témoins, bref, d’actes citoyens. Peut-être que la terrible agression de Julia en Avril 2019 et sa médiatisation feront évoluer les mentalités. Enfin, notons que les témoins interviennent beaucoup plus souvent lors de violence physiques ou sexuelles (agressions physiques, viols ou tentatives).

03. juin 2019 par arnaud Alessandrin
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